Plusieurs observateurs, locaux et étrangers, saluent la nouvelle image que présente la ville de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, le jeudi 20 Février 2025.
À l’appel des autorités du mouvement AFC/M23, qui dirigent l’ex-Constermansville depuis le week-end dernier, des milliers d’habitants ont repondu présent. Ils ont envahi les rues et ruelles de la province dès 6h du matin pour un « Salongo spécial ».
Cette mobilisation citoyenne sans précédent, en faveur de travaux communautaires, a concerné toutes les couches sociales. Les habitants ont œuvré à rendre leurs parcelles et les lieux publics plus propres.
Caniveaux nettoyés, rues et boulevards assainis, immondices ramassées, allant de la frontière à Bagira, en passant par Nyawera, la Place de l’Indépendance, Labotte, Isp, Essence, jusqu’à Panzi. La mobilisation était totale, y compris en commune de Kadutu.

Les cadres de base ont sensiblement contribué à la réussite de ce salongo. La veille, des sensibilisations avaient été menées à travers la ville, exhortant les habitants à éviter tout malentendu avec les nouveaux occupants. Ceux qui ne participeraient pas aux travaux d’assainissement pourraient être confrontés à des problèmes.
En cours de mobilisation, quelques armes, grenades et effets militaires abandonnés ont été récupérés, notamment du côté de la Place de l’Indépendance.
Les habitants saluent cette initiative qui dépollue l’environnement de Bukavu. C’est le cas de Me Zozo Sakali, qui témoigne :

» Les acteurs sociaux et politiques saluent l’engagement pour un développement harmonieux de la province du Sud-Kivu. Cet engagement s’est manifesté par une forte mobilisation pour l’assainissement et la protection de l’environnement à Bukavu ce jeudi. Je me suis déployé tôt le matin pour sensibiliser, mobiliser et superviser les travaux dans les trois communes de la ville, à savoir Ibanda, Kadutu et Bagira « , a-t-il confié.
Toujours selon lui, la population exprime sa joie face au changement longtemps espéré et se dit prête à s’approprier le combat pour l’assainissement de la ville et de ses environs.
Les acteurs sociaux, quant à eux, s’engagent à multiplier les séances de sensibilisation pour une large appropriation, dit-il.
Cependant, plusieurs stocks de déchets collectés restent entassés en attente d’évacuation. Par ailleurs, plusieurs questions méritent d’être posées :

Depuis un certain nombre de mois, le maire Zénon Karumba a institué un salongo obligatoire chaque samedi de 8h à 10h, suspendant toutes les activités et le transport en commun. Qu’est-ce qui explique un tel engouement maintenant ?
Pour rendre l’environnement propre, faut-il exercer une pression ou utiliser des sanctions ?
Que faudrait-il pour que cette dynamique s’ancre dans l’esprit des Bukaviens et se maintienne sur le long terme ?
Des observateurs pensent que les nouveaux occupants de la ville devraient envisager des sanctions à l’encontre de ceux qui jettent délibérément des déchets sur la chaussée et qui ne gèrent pas leurs déchets de manière responsable.
Pascal Ngaboyeka
